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Chouchou
Un film souvent réjouissant, mais qui n'échappe pas aux travers de la caricature
Chouchou (Choukrim pour l'état-civil), le travesti à l'accent maghrébin créé par Gard Elmaleh pour ses one-man-shows, trouve aujourd'hui un développement à l'écran devant la caméra de Merzak Allouache.
Le réalisateur algérien, qui a fait débuter Elmaleh au cinéma dans Salut cousin en 1995, nous avait habitués à des films réalistes à préoccupations politiques. Il s'agit ici, résolument, d'une comédie grand public, écrite pour et à partir de l'univers de Gad Elmaleh.
Chouchou débarque à Marseille, puis monte à Paris, où il est recueilli par un prêtre de banlieue, le père Léon (Claude Brasseur), qui abrite également un jeune ecclésiastique quelque peu névrosé, frère Jean (Roschdy Zem). Le père Léon trouve pour Chouchou un emploi d'assistant–bonne à tout faire chez une psychanalyste (Catherine Frot). Mais notre assistant, vite transformé en assistante, migre bientôt vers Pigalle et "L'Apocalypse", une salle de spectacles travestis où il rencontre Stanislas (Alain Chabat) : c'est le coup de foudre...
C'est alors que le film tourne au vinaigre - au niveau de l'intrigue tout d'abord, elle-même artificielle et mal ficelée : Chouchou se retrouve pourchassé par la haine d'un flic psychopathe. Ensuite parce que, jusqu'à ce point du film, la finesse du jeu de Gad Elmaleh et des dialogues inspirés permettaient de rire sans complexes, en passant sur certains gags ou personnages un peu lourds. Le film constituait par ailleurs un discret plaidoyer pour la tolérance – culturelle, religieuse et, bien sûr, sexuelle : Chouchou, pelotonné dans sa couette à fleurs, lisant Qu'est-ce que la psychanalyse ? en s'exclamant "Ah ! c'est ça la névrose !", pourrait, par son naturel et sa parfaite innocence, dérouter plus d'un psy à l'esprit étroit...
Mais l'apparition de Stanislas, l'aristocrate moustachu à veste de velours (Chabat, évidemment parfait), vient ruiner ces beaux efforts. Le couple d'acteurs a beau s'évertuer à jouer la passion au premier degré, en tirant vers l'émotion, il est défini dès l'origine comme grotesque et n'a aucune chance d'échapper aux rires gras.
C'est donc un sentiment de frustration qui reste à la sortie de ce film au casting brillant, souvent très drôle, mais qui n'a pas réussi à échapper aux pièges de son sujet.
Arnaud
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