 |
Ma vraie vie à Rouen
Une chronique délicate de la naissance du désir chez un adolescent
Etienne fête ses seize ans ; pour son anniversaire, sa mère et sa grand-mère lui ont offert une petite caméra numérique. Il se met à tout filmer – tout : sa mère et sa grand-mère bien sûr, la tombe de son beau-père (du père, on ne saura rien), son super pote du lycée... Et puis son prof d’histoire-géo, qui l’obsède ; et encore un de ses condisciples du patinage, garçon silencieux et solidement bâti...
Car Etienne peaufine son programme pour le championnat de France de patinage artistique. Le patinage, et désormais cette caméra : il n’a que des activités solitaires, se plaint sa mère...
Très vite, il embête tout le monde avec cet objectif omniprésent, voyeur, inquisiteur. L’utilisation de la caméra DV définit l’esthétique du film : les images, très "amateur", sont tremblantes, heurtées ; la caméra vole, virevolte, se tient à bout de bras sur la glace, se pose sur un meuble, s’attache sur un vélo... Cette même caméra permet par ailleurs d’illustrer avec force le parcours de l’adolescent qui cherche à capter la vérité du monde qui l’entoure et, au fond, avant tout la sienne propre.
Dans le style faussement léger qui est le leur, Ducastel et Martineau explorent donc les faces claires et sombres de l’adolescence, période agitée d’une foule de questions parmi lesquelles la sexualité n’est pas la moins obsédante. Au fil de cette chronique intimiste, à laquelle on reprochera seulement d’avoir parfois tendance à s’effilocher, Etienne regarde son entourage vivre, parfois d’un peu trop près, en attendant de faire lui-même le grand saut. Et l’attachement grandissant que l’on éprouve pour ce personnage, la fraîcheur du jeu de son interprète Jimmy Tavares (en particulier dans la toute dernière séquence), font de ce film une petite merveille de profondeur et de délicatesse.
Arnaud
>>
Donnez votre avis sur les films
autres films | boutique Vidéos & DVD | accueil
|
 |